Bienfaits du yoga sur votre corps : comment cette discipline le transforme dès le premier jour

FORME – La pratique du yoga en Occident est devenue une symbole de paix intérieure, de sérénité et de bien-être. Plus de 20 millions d’Américains s’y sont mis, en France, il y aurait plus de 3 millions d’adeptes.

Cette activité est souvent citée en exemple pour sa propension à réduire le stress et améliorer le bien-être général. La recherche scientifique sur les bienfaits du yoga en est encore à ses débuts mais voici résumé en une infographie, les effets potentiels de cette discipline sur le corps et l’esprit.

La méditation validée par les neurosciences

Inspirées de la pratique des moines bouddhistes, les techniques méditatives agissent sur le fonctionnement et même sur la structure du cerveau, selon de nouvelles études.

 

Jusqu’à présent, le bénéfice de la méditation sur le vieillissement avait seulement été suggéré par certains travaux de la Nobel de médecine Elizabeth Blackburn. Une large étude américaine, conduite par l’université californienne de Davis sur 100 individus âgés de 24 à 77 ans, vient de fournir un nouvel argument à cette thèse. Révélée par l’imagerie par résonance magnétique (IRM), l’anatomie comparée du cerveau de la moitié d’entre eux pratiquant régulièrement cette discipline a clairement montré une moindre altération de la matière grise que dans l’autre groupe, étranger à la pratique. Selon les auteurs de l’étude, l’intensité de la méditation stimulerait les dendrites (le prolongement filamenteux des neurones servant à conduire l’influx nerveux) et les synapses (la connexion des neurones entre eux). Cette puissante sollicitation cérébrale agirait également sur le stress, délétère pour les cellules. L’équipe a montré que trois mois intensifs de méditation affectaient significativement l’activité des télomérases, enzymes essentielles à la protection contre le vieillissement cellulaire.

En dépit des apparences, yeux clos et position placide, la méditation n’a rien d’une détente. « C’est même tout le contraire qui se produit dans le cerveau », explique le docteur Jean-Gérard Bloch, qui a inauguré il y a trois ans un diplôme « médecine, méditation et neurosciences » à la faculté de médecine de Strasbourg. Il s’agit pour le sujet de se concentrer sur sa « météo intérieure » : les émotions, sensations et pensées qui circulent librement dans son esprit. L’exercice consiste à focaliser son attention sur un objet – sa respiration, une partie de son corps… – sans se laisser distraire par ses pensées ou des stimuli extérieurs. Comme c’est impossible, même pour les pratiquants les mieux entraînés, l’esprit est plus éveillé que jamais pour dompter ce vagabondage cérébral et ramener l’attention sur l’objet de la concentration.

Mieux gérer ses émotions

Pendant cette activité, le cerveau s’échauffe. Sous l’œil d’un IRM fonctionnel, une équipe de l’université Emory d’Atlanta a mis en évidence qu’il sollicitait successivement quatre réseaux neuronaux liés à l’attention : d’abord le cortex sensoriel et moteur, puis le cortex antérieur, puis les régions pariétales, pour finir par le cortex préfrontal, et ainsi de suite pendant toute la durée de la séance. La répétition de ce cycle n’est pas sans conséquences. «  Nous avons montré que des exercices intensifs de méditation permettaient de soutenir l’attention et d’améliorer la vigilance cérébrale », explique Antoine Lutz, du Centre Inserm de neurosciences de Lyon, l’un des premiers à avoir mené des travaux d’imagerie sur le cerveau de moines bouddhistes comme Matthieu Ricard. Avec ses collègues de l’université du Wisconsin, il a mis en évidence que le cerveau des méditants expérimentés était capable de traiter des stimuli deux fois plus rapprochés (moins de 300 millisecondes) qu’un cerveau de novice, qui reste le plus souvent scotché à la première sollicitation.

Plusieurs formes de méditation

Pleine conscience. La plus facilement accessible. Elle consiste à focaliser son attention sur les émotions ressenties à l’instant présent pour augmenter sa concentration et évacuer un léger stress.

Active. Elle implique le corps en conjuguant une activité physique et de la spiritualité. On peut par exemple marcher en se concentrant sur ses mouvements et ainsi dompter ses pensées.

Transcendantale. Associée à un son ou une syllabe qui se répète (un mantra), elle permet une relaxation profonde en faisant le vide en soi pour atteindre un état de plénitude.

Vipassana. Littéralement, c’est « voir les choses telles qu’elles sont réellement ». Fondée sur la respiration, cette technique ancestrale indienne concentre ses effets sur l’attention.

Une nouvelle discipline universitaire

Cette année encore, le diplôme universitaire « Médecine, Méditation et Neurosciences » a fait le plein : 400 inscriptions ont été enregistrées pour seulement 60 places. « Le thème séduit de plus en plus par son approche complémentaire dans le contexte cartésien des soins occidentaux », explique le docteur Jean-Gérard Bloch, qui a créé cette formation à l’université de Strasbourg en 2012. Pendant deux mois, médecins, psychologues, neurologues, chercheurs et autres chefs de services découvrent la pratique avec une dizaine d’enseignants et font l’état des lieux des connaissances scientifiques sur les liens entre le corps et l’esprit, y compris sous l’angle philosophique. « Notre ambition est d’inscrire la méditation dans un cadre institutionnel élitiste pour en promouvoir l’usage et combattre le charlatanisme », poursuit le docteur. Plusieurs programmes de recherche sont déjà nés de cette sensibilisation comme à l’Inserm de Caen, qui a démarré une étude sur la méditation et le vieillissement. La diffusion de la connaissance passe, aussi, par les futurs médecins : un module de méditation vient d’être inscrit en troisième année d’étude de la faculté. Cinquante places sont proposées. 

En poussant plus loin leurs investigations, les chercheurs ont découvert que la méditation permettait également de mieux gérer ses émotions, une capacité qui manque aux dépressifs. A l’université de Toronto, des psychologues ont fait pratiquer pendant plusieurs mois des exercices de pleine conscience à des patients qui avaient connu au moins trois dépressions. « Le risque de rechute a été réduit de près de 40 % et certains praticiens considèrent aujourd’hui que ce traitement est au moins aussi efficace qu’une camisole chimique », rapporte Antoine Lutz.

Car les scientifiques savent désormais mieux ce qui se produit : dans un article publié en 2013 par « Frontiers in Human Neuroscience », Catherine Kerr, chercheuse à l’université de Providence, explique le rôle d’aiguilleur joué par le thalamus, une structure centrale du cerveau réceptrice des sensations corporelles, dans la distribution de ses informations au cortex : « Le thalamus transmet les sensations en adressant à la zone correspondante du cortex des impulsions électriques – les ondes alpha – dont la fréquence varie en fonction de l’intensité de la perception. Quand l’esprit se concentre sur une partie du corps, les ondes baissent sur la zone cible et la sensation augmente alors que, partout ailleurs, les ondes alpha augmentent et les sensations baissent. » On peut ainsi apprendre à atténuer la douleur ou à gérer des pensées morbides, comme c’est déjà le cas dans plus de 200 hôpitaux américains.

Compenser la fonte de la matière grise

La nouvelle étude des chercheurs américains sur les changements structurels induits par la méditation suit une série démarrée en 2005 avec les travaux de Sarah Lazar, du Massachusetts General Hospital de Boston. Elle avait alors remarqué que le tissu cérébral du cortex préfrontal gauche impliqué dans les processus émotionnels s’épaississait chez les pratiquants assidus, au point de compenser chez certains la fonte de la matière grise due au vieillissement. Plus récemment, ses travaux ont également montré chez ceux qui méditent un développement plus important de l’hippocampe (qui joue un rôle de premier plan dans la mémorisation, l’apprentissage, la vigilance et l’adaptation à son environnement), et au contraire un rétrécissement de l’amygdale (qui gère les émotions, en particulier nos réactions de peur et d’anxiété).

Certaines études suggèrent aussi que la méditation ne modifie pas seulement le cerveau, mais agit aussi sur la santé cardiovasculaire, la tension artérielle, l’immunité et même notre génome. Une étude d’Herbert Benson, de l’hôpital général du Massachusetts, a ainsi analysé le profil d’expression des gènes de 26 adultes avant et après une formation à la méditation. Son constat a créé la stupéfaction lors du dernier symposium de « sciences contemplatives » : en quelques semaines d’exercice, l’expression des gènes associés à la sécrétion d’insuline et aux mécanismes d’inflammation a significativement augmenté en même temps que la production de monoxyde d’azote, un gaz vasodilatateur bénéfique au rythme cardiaque.

 

En savoir plus sur

http://www.lesechos.fr/04/09/2015/lesechos.fr/021305306394_la-meditation-validee-par-les-neurosciences.htm#xtor=EPR-3-[envoi-ami]#ioika4YQEyRDRx75.99

Après le cours

Les fonctions cérébrales améliorées

20 minutes seulement de yoga hatha – une ancienne forme de cette discipline qui est centrée sur les postures physiques peut améliorer les fonctions cognitives, améliorer la concentration et la mémoire. Selon une étude de l’Université de l’Illinois, des participants ont bien mieux réussi des tests intellectuels après un cours de yoga en comparaison avec les mêmes tests réalisés après 20 minutes d’exercices d’aérobic.

Des niveaux de stress plus bas

Le pouvoir du yoga sur le stress pourrait venir de sa capacité à atténuer l’activité des protéines connues pour jouer un rôle dans l’inflammation, selon une étude publiée en 2014 par des chercheurs de l’Université de Californie.

Expression des gènes altérée

Selon une étude norvégienne, le yoga pourrait modifier la façon dont les gènes s’expriment dans les cellules immunitaires.

Améliorer la souplesse

Selon une étude de l’Université du Colorado, le yoga bikram – une forme de yoga qui consiste en un enchaînement de 26 postures pendant 90 minutes dans une salle chauffée – est liée à une plus grande souplesse des épaules, du bas du dos et du haut des cuisses.

Après quelques mois

Baisse de la tension artérielle

Les personnes souffrant d’hypertension peuvent voir leur condition s’améliorer grâce au yoga selon étude de l’Université de Pennsylvanie.

Capacité pulmonaire améliorée

Selon une étude publiée en 2000 par l’Université de Ball, la pratique du yoga hatha pendant 15 semaines pouvait significativement améliorer leur capacité pulmonaire (la quantité maximum d’air expiré après une grande inspiration).

Vie sexuelle améliorée

Une étude publiée par l’Université d’Harvard dans le Journal of Sexual Medicine a montré que pratiquer le yoga peut améliorer l’excitation, le désir, l’orgasme chez les femmes. Le yoga permet aussi aux femmes d’améliorer leur vie sexuelle en améliorant la connaissance de leur corps selon une étude publiée dans le Journal of Sex and Marital Therapy.

Réduction des douleurs chroniques du cou

Une étude allemande publiée dans le Journal of Pain a montré qu’une pratique de quatre semaines de yoga Iyengar est efficace pour réduire l’intensité de la douleur chez les adultes qui souffraient de douleurs chroniques au cou.

Soulagement de l’anxiété

Une étude de l’Université de Boston publiée en 2010 a montré que 12 semaines de yoga pouvaient aider à réduire l’anxiété et à augmenter les niveaux de gamma-aminobutyric (GABA) dans le cerveau. Des niveaux trop bas de GABA sont liés à la dépression et aux troubles de l’anxiété.

Soulagement des douleurs chroniques du dos

Les chercheurs de l’Université West Virginia ont montré que le yoga Iyengar était plus efficace pour réduire la douleur et améliorer l’humeur que les traitements standards pour les douleurs chroniques du dos.

Diminution du taux de sucre dans le sang chez les diabétiques

Le yoga, en plus d’un traitement adéquate, peut permettre de faire diminuer le taux de sucre dans le sang selon une étude de l’association Diabetes Care publiée en 2011. Selon Reuters, trois mois de yoga et un traitement peuvent contribuer à au moins stabiliser le taux de sucre dans le sang.

Équilibre amélioré

Pour les femmes de plus de 65 ans, la pratique du yoga iyengar permet d’avoir un meilleur équilibre selon une étude publiée en 2008 par l’Université de Temple.

Après des années

Des os plus solides

Une étude pilote menée en 2009 par le docteur Loren Fishman a montré que pratiquer le yoga pouvait améliorer la solidité des os des adultes. “Nous avons fait un scanner de la densité des os, ensuite nous avons demandé à la moitié des participants de se mettre au yoga pendant deux ans. Finalement, nous avons fait un nouveau scanner”, explique Loren Fishman à nos confrères américains du Huffington Post. “Et non seulement ces personnes n’avaient pas vu leur densité osseuse diminuer, mais elle avait même augmenté, contrairement à l’autre groupe.”

Un poids de forme

Des chercheurs du centre anti cancer de Seattle ont trouvé un lien entre la pratique du yoga et une perte de poids – ou au moins un poids à l’équilibre parmi les 15.000 adultes qui participaient à l’étude.

Un risque moindre de développer un risque cardiaque

Le yoga en parallèle d’un mode de vie sain pourrait faire baisser les facteurs de risques cardiovasculaires comme la pression artérielle et le cholestérol selon une publication de Harvard.

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